Au plus près du drame
le silence est un matériau dense
d’où transpire parfois un écrit
De la flamme
rien ne peut contenir la fièvre
qui s’élonge
s’incline
tente
dans un ballet silencieux
d’échapper à la mèche
Des étincelles montent
des nations se soulèvent
chacune
avec ses ailes son glaive et sa balance
Les flammes
sont de toutes guerres
un brûlant drapeau
une lettre ouverte
où consigner le désordre du monde
jusqu’à ses cendres
jusqu’au vide
qui encombre
puisqu’il faudra réapprendre à désirer
Alors que les champs d’honneur
hébergent les chairs et les os
le ciel
les âmes
il reste aux survivants
le fardeau de l’avenir