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DE RÉVOLTES EN RÉVOLTES

3e prix Jacques Allard - 2024

Angèle Laroche

DE RÉVOLTES EN RÉVOLTES

Dans le mot révolte, j’y vois le mot «volte». Ce mouvement en rond que l’on fait faire à un cheval ou encore la danse où les couples tournent sur eux-mêmes. En y ajoutant le suffixe «ré», le mouvement se perpétue et l’image de la toupie s’impose à mon esprit pour vous parler de mes révoltes.

Semblable à une toupie, l’humain virevolte et pivote sur ses pas. Tout comme l’astre sur lequel il fait les cent pas jusqu’au trépas. Sans relâche, ce globe terrestre volte sur lui-même et autour du soleil.

La Terre s’obstine.

L’humain s’obstine également, l’Histoire du monde, en fait foi!

L’humain tourne et tourne en rond! C’est la ronde des idées, des croyances, des valeurs, des principes qui s’entrechoquent, se heurtent, se blessent. On révolutionne. Aucun répit! De guerre en viol, en trahison, en famine, en tuerie, des siècles d’horreurs qui se répètent et se répètent sans merci.

Quel triste tableau! Pourquoi avoir façonné un stupide humain qui devient son pire ennemi? Lui-même se détruit et il saccage son milieu de vie. Aussi, que dire d’une chaîne alimentaire d’une cruauté inconcevable où chaque être doit détruire pour satisfaire un appétit insatiable. De l’infiniment petit à l’infiniment grand, du virus à l’éléphant, on devient proie ou prédateur pour se les mettre sous la dent! N’est-ce pas difficile à avaler comme mode de fonctionnement? De plus, que faire pour se sortir d’une vie rongée par la peur d’en finir, nous menant à s’abêtir? Une danse sans fin, depuis la nuit des temps, entre humains bien intentionnés incapables de s’éjecter de cette ronde infernale.

De cette ronde montent des cris de désespoir, des cris du cœur, des pleurs d’enfants. Le sang coule. L’espoir s’écroule. Les familles se déchirent, se disséminent. Les humains se déshumanisent, se robotisent. La révolte gronde de partout.

Nul être n’y échappe, contraint à faire partie de cette horrible danse étourdissante. Une valse à 3 temps. Le temps de naître, de vivre et de mourir. Plus ma conscience est grande de l’absurdité de cette danse, plus ma révolte monte. Je m’insurge de participer à ce non sens sans trouver d’issues pour faire volte-face.

Alors, je noie mon indignation dans l’écriture. Ma révolte se trempe dans l’encre de ma plume. Goutte à goutte, elle cherche un courant plus malin que les autres. Elle passe de rivière à torrent. Elle devient une source intarissable d’où jaillit une certaine sérénité. Elle s’entête à trouver du sens avant de se perdre dans l’océan.

Et puis, à quoi bon s’arracher les cheveux, la vie est peut-être tout simplement un jeu! Un jeu de qui perd gagne et qui gagne perd à la loterie d’un voyage sur la planète terre. Souvent un jeu bien triste, quelques fois un jeu dangereux mais, parfois… un jeu d’anges heureux quand on a le bonheur d’être amoureux!