Ce spectacle littéraire, dont le travail préliminaire avait été présenté en 2023 aux Correspondances, met en scène l’univers littéraire du révolté Jack Kerouac et son errance sublime.
« Cosse-tu penses mon p’tit bonhomme? », par la magie de la langue originelle, originale, vive et provocante d’un poète se cherchant dans la profusion vertigineuse d’une époque – les années cinquante –, évoquant cette terrible anxiété d’après-guerre, est très proche parente de ce dangereux éloignement de nos origines, en terre québécoise, éloignement maléfique datant des mêmes années cinquante. « Cosse tu penses mon tit’ bonhomme? », mettant en vedette l’auteur et comédien Robert Lalonde et les auteurs-compositeurs- interprètes Karèya et Tomas Jensen.
Fils de parents canadiens-français de Saint-Hubert-de-Rivière-du-loup, Jean-Louis dit Jack Kerouac, est un transfuge inclassable, fascinant. Traversant le continent américain d’est en ouest et du nord au sud, son parcours fut marqué par des tiraillements linguistiques et identitaires, à l’instar des milliers de Canadiensfrançais qui se sont installés en Nouvelle-Angleterre, à la fin du 19e siècle. On sait maintenant que l’œuvre de sa vie, la vaste fresque inachevée qu’il projetait de rassembler sous le titre de La Légende de Duluoz, Kerouac souhaitait l’écrire d’abord en français. Mais pour sa carrière littéraire aux USA, il a dû sacrifier son french patois.
Cent ans après sa naissance, l’intérêt pour Kerouac est encore bien vivant, peut-être même plus aujourd’hui que dans les trente dernières années. On constate partout un changement dans les valeurs, dans la mixité des langues, des cultures, dans le besoin de renouer avec ses origines.
Le ton du texte de Kerouac est celui d’une ardente et généreuse confession, d’une émouvante confidence soufflée par le désir de l’auteur de retrouver, par-delà la lancinante distance de l’exil, ses compatriotes à la fois à demi oubliés et douloureusement inoubliables. Le texte écrit dans le français rocailleux et bouleversant de Kerouac, tantôt ironique, tantôt déchirant, si prenant dans ses évocations nostalgiques évoquant les débuts fervents et cahotiques d’un jeune écrivain franco-américain déraciné en quête de ses origines, interpelle ces déracinés malgré eux que nous sommes tous aujourd’hui, qu’on surgisse d’ailleurs dans le monde ou qu’on soit exilés de nous-mêmes par la vélocité hypertechnologique qui nous entraîne parfois loin de nos désirs, de nos aspirations, de nos rêves.
Une occasion inestimable de renouer avec une idole mondiale de la Beat Generation tout en replongeant dans nos racines retraduites, interprétées et diffusées en français kerouaquien, par des artistes d’ici.
Voyez l’origine poignante de l’œuvre et l’impulsion recelle du grand poète de la beat generation.
Un spectacle littéraire présenté grâce à l’organisme culturel ARTS-CULTURES MASSAWIPPI dont Robert Lalonde est un des initiateurs et qui est rendu possible grâce à la participation du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Ce nouveau regroupement qui vous convie à du théâtre, de la littérature, du conte, de la musique, du chant et des arts visuels.
Crédits:
Idée, interprétation : Robert Lalonde
Conception musicale, chants et musiques :Tomás Jensen et Karèya
Collaboration spéciale : Neilson Vignola
Conception éclairage : Luc Prairie
Direction de production et productrice :France L.L. Capistran
Régie et son : Serge Durocher d’Intégrale acoustique
Production : Arts-Cultures Massawippi