Lettre de Stéphanie Boulay

Stéphanie BoulayJe me demande souvent: quel est le meilleur moyen de communiquer. Quel est le meilleur moyen de partager les idées qui soient les plus proches du cœur, les plus proches de la vérité. On dit souvent que la parole orale est mieux que l’écrite, qu’il vaut mieux se parler dans les yeux ou dans les oreilles. La voix est porteuse de sens, parlée comme chantée. Les mots peuvent vibrer dans la bouche, apaiser, enflammer. Dans l’intimité comme en public. Mais parfois, les yeux et les oreilles pressent la parole, les yeux et les oreilles tirent les vers du nez avant que les vers ne soient devenus papillons.

Et il y a s’asseoir devant le papier. N’est-ce pas ainsi prendre le temps? N’est-ce pas ainsi mesurer chaque mot, n’est-ce pas en assumer chaque contour? Pour moi, c’est à l’écrit que le coeur se libère dans ce qu’il a de plus proche de son essence. C’est entre autres pour ça que j’ai accepté d’être porte-parole des correspondances. Parce que je crois en la force et la vérité des mots sur le papier, qu’ils soient lus en silence ou à haute voix. Je suis ici aussi parce que je crois en l’importance de la lenteur. De la nature et de la lenteur. De laisser les choses se faire en en prenant soin, sans tirer dessus, comme un jardin. À l’importance de constater la beauté d’un paysage, l’odeur des fleurs, le bruit des feuilles dans les arbres.

Et finalement, je suis ici parce que je crois en l’importance de prendre soin des gens qu’on aime et de notre communauté.

Les correspondances, c’est tout ça, et tant d’autres choses.

Aujourd’hui, je vous lis ces mots tracés sur le papier. Je les ai mûris, je les ai découpés et élagués, je les ai polis. Ils représentent le plus beau et le plus vrai de ce que je pense, d’où je suis rendue, mieux que n’importe quel discours.

Je suis loin d’être une oratrice éloquente. Je suis loin d’être une écrivaine chevronnée. Mais je vous promets qu’en août, je serai là de mes yeux pour vous lire, de mes mains pour vous écrire, de mes oreilles pour vous écouter et de ma voix pour vous raconter.

Bon festival.

- Stéphanie Boulay